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La semaine dernière nous avons vécu un épisode qui m'a un peu attristé avec Mathis.
Baie-Comeau, la ville où vivent mes beaux-parents est au nord du québec. C'est une jolie petite ville de région et même si nous avons vu quelques personnes de diverses origines, il y en a beaucoup moins que dans la région où nous habitons ce qui fait que beaucoup de monde dans les centres d'achats ou les restaurants observaient nos enfants intensément. Parfois on entendait de petits commentaires, rien de blessant, mais juste des commentaires. Mathis entre dans l'âge où il ne veut pas nécessairement se démarquer des autres. Il veut juste être comme tout le monde et il n'est plus un bébé donc il entend les commentaires! Un jour je l'ai amené au centre d'achat et tout d'un coup, j'ai remarqué qu'il avait mit sa capuche sur sa tête. Je lui ait demandé pourquoi, et il m'a répondu qu'il avait froid. Il ne faisait pas vraiment froid, il voulait en quelque sorte passer incognito. Ça m'a transperçé le coeur et ça m'a fait retourné des années auparavant à ma propre enfance. Tout en continuant à marcher main dans la main je me suis penchée vers mon petit coeur. 'Mathis, tu sais que maman à grandit en afrique n'est-ce-pas?'
'Oui'
'Dis moi mon chéri, quelle est la couleur de la peau des africains?'
'Noir'
'Et est ce que ma peau à moi est noire?'
'Non'
Et là j'ai eu avec lui une petite conversation sur grandir dans un pays où l'on est d'une minorité ethnique. Je m'attendais à avoir cette conversation là un jour mais j'imaginais qu'il serait plus vieux..mais on est jamais vraiment prêt n'est-ce-pas? Notre travailleuse sociale et moi avions parlé de ça durant nos premiers entretiens. C'était quelque chose qui ne me faisait pas peur, parce que j'étais passé par là et je l'avais vécu sereinement, donc je m'étais toujours dit que je saurais en temps et lieu transmettre ça à mes enfants. Par contre, je n'avais jamais vu l'envers de la médaille et comment ça peut-être peinant de sentir ton enfant qui a de la peine..
En afrique nous habitions une petite ville d'environ 60,000 habitants. C'était une belle petite ville en bordure de la mer (ce que j'aimais énormément):) Lorsque je suis arrivée à l'adolescence, j'étais la seule fille caucasienne de la ville. Donc, c'est certain que je me faisais beaucoup observer et dévisager. Quand on arrivait dans les villages ou les bidonvilles, les enfants couraient après la voiture en criant: 'Tout Babou' ce qui veut dire Homme blanc! Disons, que c'était pas mal difficile de passer inaperçu!:)
Au lieu de m'irriter après les regards indiscrets et très scruteurs, j'utilisais ce moment de contact visuel pour leur sourire et entamer la conversation ce qui fait que je me faisais beaucoup d'amis. C'est certain que parfois mon côté un peu réservé était un peu gêné par mes différences et j'aurai aimé avoir la peau noire pour me fondre à la foule,ou le même accent (parce que j'ai été avec plusieurs cultures différentes: Française, Américaine, Africaine, Libanaise, Canadienne etc...) Mais ça m'a permit d'apprendre à avoir une ouverture d'esprit face à autrui, et à développer une bonne flexibilité et adaptabilité.
Tout en parlant avec Mathis je me suis rappeller des brides d'une conversation que j'avais eu avec mon papa à ce sujet. J'ai raconté à Mat ce que son grand-papa m'avait dit quand j'étais toute petite. On aurait pu entendre une mouche voler...Une petite graine à été semée, je suis certaine que je devrai en semer d'autres, mais je crois qu'on va bien s'en tirer!
Mathis est un garçon très aimé, il est sociable, attentionné, drôle et fonçeur. C'est un enfant qui se fait des amis très facilement. Et comme je lui ait dit, ses amis sont chanceux de pouvoir passer leurs journées avec lui, j'aimerais bien être à leur place!
Le chandail à capuchon est au fond du placard, c'est le temps de marcher la tête haute et de sourire à la vie, parce qu'après tout on est tout petit qu'une seule fois!!!
On t'aime Matou et on est très fiers de toi!
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